La Colombie: un risque?

La Colombie: un risque?

28 octobre 2019 0 Par LFol

Je reçois souvent des messages de personnes souhaitant partir en Colombie et me posant des questions sur le risque. Moi qui déteste les clichés, voici un extrait de mon mémoire de stage dont le titre était: « comment attirer les touristes internationaux dans un pays ayant une mauvaise image comme la Colombie? »

Suite aux initiatives d’amélioration de l’image du pays, un portail touristique a été créé, avec le slogan « La Colombie, le seul risque est de vouloir y rester».  Malgré le caractère attractif du pays, les opérateurs touristiques étrangers et les touristes ne peuvent s’empêcher de poser des questions portant sur les risques possibles si l’on visitait la Colombie. Cette question qui revenait souvent a amené les responsables de la promotion du pays à se rendre compte que la question du risque ne pouvait être laissée de côté. La solution face à ce constat fut alors de convertir le risque en opportunité.

Le but de ce slogan est donc de dire que le seul risque est de tomber amoureux de ses paysages, de ses habitants, de sa gastronomie, de ses foires et de ses fêtes, de son artisanat et de ses couleurs et de toutes les expériences que le pays peut offrir à un touriste.

La base de la campagne, ce sont neuf témoignages d’étrangers qui sont venus en Colombie pour s’y installer. Des étrangers qui ont transformé le «je ne veux pas aller en Colombie» à «je ne veux pas m’en aller de Colombie». En tant qu’étrangers, ils permettent d’une part aux potentiels touristes de s’identifier, et d’autre part de donner plus de poids à la promotion puisque la valorisation du pays n’est plus attestée par les Colombiens eux-mêmes mais par un étranger comme eux.

Le risque: un nouveau tourisme

« Avec l’essor du tourisme de masse, les déplacements se sont banalisés, aller quelque part n’est plus en soi très intéressant […] les voyageurs cherchent à se distinguer du touriste lambda en risquant leur peau » (Urbain, 2009).

Malgré les mesures préventives des ambassades, le nombre de touristes augmente en Colombie.

Pour donner un exemple, le climat tropical de la région de la Sierra Nevada amène les touristes à entreprendre un trek de six jours au milieu de la jungle pour rejoindre le site archéologique Ciudad Perdida (la Cité Perdue). La Sierra Nevada fait partie des régions de Colombie au sein desquelles la culture de la feuille de coca, dans le but d’une production de produits illicites, a largement été motivée par des narcotrafiquants et les paramilitaires. Les groupes de guérillas ont longtemps été présents sur le pourtour de cette région.

https://www.voyage-colombie.com/sport-et-aventure/cocuy

Le voyageur qui rejoint la Cité Perdue est averti des dangers encourus. La prise de risque devient une motivation pour certains touristes en quête de sensations fortes. La visite d’un laboratoire de cocaïne et la rencontre potentielle avec des groupes armés peuvent motiver les touristes à entreprendre ce trek.

Face aux recommandations, certains touristes vont sortir des sentiers battus, braver le risque, transgresser les interdits, pour en témoigner ensuite. Ils s’imaginent ainsi aventuriers et donnent sens et intensité à leur périple et à leur existence.

Les gens disent souvent croire ce qu’ils voient et non ce qu’ils entendent. Pourtant, c’est bien souvent le contraire qui arrive. Nous aimons répéter les rumeurs sans s’assurer de leur véracité. C’est la même chose pour les stéréotypes, et cette théorie s’applique bien au cas de la Colombie. Il est vrai que la Colombie a un passé à problèmes, mais elle a bien changé. Aujourd’hui, elle souffre de sa mauvaise image qui circule. La Colombie est un pays qui a fait d’énormes progrès ces dernières années et qu’il n’est plus à craindre à présent.

Vous en voulez encore?